LA VIE S'ÉCOULE SILENCIEUSEMENT - sortie le 24/07/26
By : Binka Jeliazkova
Bulgarie, 1957, 105 min
zone 2, N&B, vostf
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Milieu des années 50, l’ennemi nazi est vaincu, la révolution socialiste bulgare a triomphé. Pavel, le fils de Zhelyo et Lyuba, un couple d’anciens partisans, revient à la maison. Ses parents sont séparés. Après le choc, c’est l’incompréhension et la colère. Mais leur rupture semble définitive. Reprenant contact avec les autres membres du groupe qu’ils formaient dans la résistance, Pavel comprend que l’idéal qui les réunissait tous semble s’être estompé. La solidarité a fait place à l'animosité.
Premier long-métrage de la cinéaste, La Vie s’écoule silencieusement (1957), co-écrit avec son mari Hristo Ganev, va marquer le début de ses ennuis avec la censure. Elle y aborde le devenir des résistants communistes bulgares après la Guerre, une expérience personnelle pour elle et son compagnon. Dénonçant les tares de l’État socialiste, le décalage entre les grandes déclarations dogmatiques et le difficile retour à la vie normale, le film est interdit par le gouvernement de l’époque. Il ne sera diffusé qu’en 1988, soit 31 ans après sa création.
« Avec leur premier film (1957), Binka Jeliazkova et Hristo Ganev, pourtant communistes convaincus, font aux yeux du Parti figure de dissidents (...). Le film, qui provoqua un scandale, fut banni par décret ministériel, avec interdiction formelle d’en parler ou d’écrire à son propos. »
Anelia Kasabova, Un week-end à l’Est, nov. 2021
Binka Jeliazkova (1923-2011) est la 1ère femme cinéaste bulgare. Son style avant-gardiste et engagé participe à l’avènement d’une « nouvelle vague bulgare ». Mais sa carrière ne sera qu’une longue bataille pour exister, d’abord face à la censure féroce de son propre pays, puis face à l’invisibilisation de son œuvre, malgré de prestigieuses sélections en festival. Bien que chacun de ses films soit singulier, Jeliazkova propose une œuvre cohérente aux thématiques récurrentes, marquée notamment par la présence de personnages féminins forts. C’est surtout une filmographie d’une rare beauté plastique et d’une qualité de mise en scène qui font d'elle une figure phare du cinéma européen.