BRUSSELS BY NIGHT

De : Marc Didden

Avec : François Beukelaers, Ingrid De Vos, Amid Chakir,Michiel Mentens
Belgique, 1983, PAL, 16/9 - 87 min
toutes zones, couleur, dolby digital 2.0


Indisponible à la vente actuellement


Langue: néerlandais
Sous-titres: français, néerlandais, anglais

Scénario primé et première mise en scène remarquée de l'ex-journaliste rock Marc Didden, couronné par le prix du meilleur premier film au Festival de San Sebastian, BRUSSELS BY NIGHT a été reçu par la génération 80 comme le premier film urbain, un film puisant son inspiration dans l'esprit du temps, et non dans les classiques de la littérature flamande. Marc Didden y met en scène un meurtrier, Max, dans ses errances nocturnes à travers Bruxelles. Il y rencontre trois personnages, qui servent de caisse de résonance à ses sentiments de désarroi: un ancien compagnon de travail, Alice la serveuse et Abdel le conducteur de tram marocain. Des rencontres qui mènent à un dénouement désastreux au plan incliné de Ronquières.

COMPLEMENTS
Documentaire
LES ARCHIVES BRUSSELS BY NIGHT (37')

Courts métrages
LES SALAUDS (DE SMEERLAPPEN, Frank Van Passel, 1993)
CHEB (Marc Didden, 2000)

Bandes-annonces
BRUSSELS BY NIGHT (1983)
ISTANBUL (1985)
SAILORS DON'T CRY (1989)


LES ARCHIVES BRUSSELS BY NIGHT

« On sortait juste de la période punk et on pouvait encore lire « no future »  écrit sur les murs. Je me sentais déjà devenir un vieux con. A cette époque, on était un vieux con à trente ans ». Marc Didden n'a jamais caché que l'univers de son premier film surgit tout droit d'une midlife crisis précoce et du sentiment de désespoir et d'absence de perspective héritée de la période punk de la fin des années septante. Et pourtant, dans son film, on ne voit rien de très punk : pas de bandes de jeunes traînant dans les rues, pas de traces des Sex Pistols, de rats, de crêtes ou d'épingles de nourrice. Le personnage principal est d'ailleurs né deux générations trop tôt. Mais si l'iconographie et les hérauts du punk sont absents, l'agressivité et l'immédiateté avec laquelle Marc Didden dépeint son univers nihiliste, pogote au rythme du no future.

Ces références punk ne sont pas non plus étrangères au parcours professionnel de Marc Didden dans les années qui ont précédé BRUSSELS BY NIGHT. Marc Didden a étudié le théâtre au RITCS à Bruxelles avant d'entrer à l'hebdomadaire de radio et de télévision Humo, où il s'est vite imposé comme une autorité en matière de journalisme rock et pop. En 1979, Marc Didden démissionne de Humo pour se consacrer à plein temps à son premier projet cinéma. Il suit un cours d'écriture de scénario au cours de l'été 1979 qui renforce sa confiance en lui. Quand il décroche le prix d'état pour le meilleur scénario en 1980, la concrétisation du projet est en vue.

Son allié dans la difficile recherche des fonds sera Erwin Provoost, qui fonde pour les besoins de ce film la maison de production Multimedia. Erwin Provoost et Marc Didden se connaissaient déjà. Ils avaient collaboré à un documentaire de la BRT sur le phénomène punk, DEMAIN JE DANSE LE POGO. Le documentaire de BRUSSELS BY NIGHT y puise de larges extraits. Les conditions difficiles, quasiment dignes d'un travail d'amateur, dans lesquelles BRUSSELS BY NIGHT a été tourné contrastent avec l'accueil enthousiaste dont il a bénéficié, et qu'a couronné le prix pour le meilleur premier film au festival de San Sebastian (Espagne). Le succès de BRUSSELS BY NIGHT a aussi éveillé la curiosité du monde de la finance. A partir d'ISTANBUL, le deuxième film de Marc Didden, la banque CGER s'est engagée pour plusieurs années dans le cinéma flamand.

Pour la génération qui découvre le cinéma flamand dans les années 80, BRUSSELS BY NIGHT marque un point de rupture avec la tradition. Le film respire l'air du temps, il est actuel et colle à la culture jeune de l'époque. Ce n'était pas un de ces films de terroir, ou l'adaptation d'un classique de la littérature, mais bien un vrai film urbain sur un scénario original, obstiné, dans le décor peu habituel de Bruxelles, dépeinte comme une ville multiculturelle, avec de nouveaux visages dans les rôles principaux. Et pourtant, explique Marc Didden, nous n'avons jamais eu l'intention de créer une nouvelle vague, ou de nous dresser contre ce qui a précédé. « Cela fait un siècle qu'on fait du cinéma en Belgique, et on ne tourne pas que des drames paysans ». De même pour François Beukelaers, dont la carrière a débuté avec les premiers films d'André Delvaux, le no future n'est pas sans éveiller des échos du passé, et plus précisément l'existentialisme parisien d'après-guerre. On retrouve ça et là dans le cinéma ce même désespoir. Par exemple, dans MEEUWEN STERVEN IN DE HAVEN (LES MOUETTES MEURENT AU PORT), un film sur un personnage déchiré par la vie, tourmenté par un passé traumatisant, et qui par conséquent erre pendant tout le film à travers la ville. Ce n’est pas pour rien que ce film sera le prochain à être publié dans cette série.

Erik Martens




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BRUSSELS BY NIGHT bande annonce
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