COFFRET CLASSIQUE DU CINEMA HONGROIS VOL. 2

De : Collectif

Hongrie, 1964-1975,
Zone 2,
30.00 €


Coffret classiques du cinéma hongrois vol. 2 (5 films)

La collection hongroise rassemble, souvent en première mondiale en DVD, les chefs-d’oeuvre du cinéma hongrois de la fin des années 50 au début des années 70. Masters restaurés, nouveaux sous-titres et livrets d’analyse inclus. Le cinéma hongrois a alors vécu son âge d’or, avec l’éclosion d’une série de grands maîtres, mais les films furent ensuite pour la plupart bloqués dans leur pays jusqu’à aujourd’hui.

SINDBAD Zoltan Huszarik
90 mn • 1971 • Couleur • VOSTF
Prix Joseph von Sternberg Mannheim 1972

A l’heure de sa mort, Sindbad, Don Juan hongrois et héros proustien, se balade dans ses souvenirs, rendant visite à toutes les femmes courtisées au cours de sa vie…

Oeuvre nostalgique, sensuelle, iconoclaste, tourmentée, mêlant soif de vivre et profonde mélancolie, SINDBAD est l’expression d’une personnalité singulière. Zoltán Huszárik ressuscite le héros des nouvelles de Gyula Krúdy, figure novatrice de la littérature hongroise moderne. Le film, très moderne, mêlant les strates temporelles, est devenu culte.


ADOPTION Marta Meszaros
89 mn • 1975 • N&B • VOSFT
Ours d’or Festival de Berlin 1975

Kata, ouvrière de 42 ans dans une usine de menuiserie, éprouve le besoin éperdu d’avoir un enfant. Mais Joska, son amant, déjà marié et père de deux enfants, refuse. Elle rencontre Anna, une adolescente issue d’un foyer pour délinquantes. Elle s’attache à la jeune femme et décide de l’aider…

Le film de Márta Mészáros dénonce les conséquences amères pour les femmes de plusieurs siècles d’inégalités. Ses personnages de femmes incarnent l’inquiétude sociale, luttant pour leur émancipation. Avec une écriture très personnelle faite de tact, de sensualité et de chaleur, la caméra, attentive aux gestes spontanés scrute avec tendresse les visages, les regards et l’âme des personnages.


L'AGE DES ILLUSIONS Istvan Szabo
95 mn • 1964 • N&B • VOSFT
Léopard d’argent Festival de Locarno 1965

Jancsi, en même temps que trois de ses amis, diplômés et embauchés dans la même entreprise, entre dans la vie adulte avec ambition, prêt à multiplier les conquêtes féminines et à se battre contre la médiocrité ambiante…

Parmi les premiers à utiliser le langage de la Nouvelle Vague française, L’ÂGE DES ILLUSIONS, discret hommage à Truffaut, laisse deviner les marques laissées par le fascisme, le stalinisme puis l’insurrection écrasée de 1956. Szabó observe avec tendresse ses personnages négocier douloureusement le passage de la jeunesse à l’âge adulte, saisissant l’évolution d’une relation et la fragilité du bonheur.


JOURS GLACES Andras Kovacs
110 mn • 1966 • N&B • VOSTF Meilleur acteur, Grand Prix du Film Hongrois 1967

1946. Trois officiers et un caporal de nationalité hongroise, présumés complices et coupables de la mort de milliers de personnes attendent en prison leur jugement… 3 300 personnes furent en effet exécutées en janvier 1942 dans la terrible « opération de nettoyage » d’Újvidék (Novi Sad)…

Le langage filmique dépouillé et maîtrisé contraste avec la violence du propos. JOURS GLACÉS interroge sur la part de responsabilité dans les atrocités commises au nom d’un gouvernement, et en dernier ressort sur une tragédie intime, posant la question toujours pertinente de la faute et de la culpabilité.


LES FAUCONS Istvan Gaal
Prix du Jury Festival de Cannes 1970
95 mn • 1970 • Couleur • VOSTF Prix du Jury Festival de Cannes 1970

Un étudiant en ornithologie entreprend un stage d’été auprès d’un fauconnier qui dresse ses rapaces dans la steppe déserte. Il est d’abord fasciné par les qualités de son chef, obsédé par son métier, jusqu’à ce qu’il découvre son extrême cruauté...

La complexité de la bande sonore, l’image très mobile qui épouse la vastitude des plaines hongroises et la mise en scène concourent à une oeuvre singulière : un poème d’espace et de couleur, un film tendu et dépouillé, une méditation vibrante sur le pouvoir et la violence, critique d’un gouvernement des hommes les réduisant à de simples exécutants, bercés par l’apparence de leur liberté.