MIRA

De : Fons Rademakers

Avec : Willeke van Ammelrooy, Jan Decleir, Carlos van Lanckere,
Belgique, 1971, PAL, 16/9 - 92 min
toutes zones, couleur, dolby digital 2.0


Indisponible à la vente actuellement


Langue : néerlandais
Sous-titres : français, néerlandais, anglais

En 1905, un pont est construit sur l'Escaut à Avelgem, en Flandre Occidentale. Les habitants du Waterhoek, tout proche, s'affolent car ils craignent le « déclin » de leur culture. Vingt ans plus tard, Stijn Streuvels se base sur ces événements pour écrire son roman : La mort d'un géomètre et de son commis et l'ingénieur du pont qui tombe amoureux de la beauté locale, Mira . En 1971, « Le déclin du Waterhoek » devient un film. Hugo Claus écrit le scénario et fait appel à son ami Fons Rademakers pour la réalisation. Mira est interprétée par une actrice hollandaise encore inconnue, Willeke Van Ammelrooy. Parmi ses amants, on peut voir Jan Decleir, dans son premier rôle au cinéma et Luc Ponette dans celui de l'ingénieur du pont. Mais l'homme qui pourra s'attacher Mira n'est pas encore né! Le film fut un des plus gros succès du cinéma flamand.

Compléments :
Documentaire : LES ARCHIVES MIRA (37 min.)
Bande-annonce : MIRA(1971)

LES ARCHIVES MIRA

Le grand public adorait Mira. Pour le Flamand érudit existait le roman classique de Streuvels, « De teleurgang van de Waterhoek ». Pour les autres apparaissait Willeke Van Ammelrooy, une jeune femme attirante et libérée, qui représentait parfaitement l’atmosphère de la période 1970 : une évidente attitude anti-autoritaire, un non-conformisme anti-bourgeois et une aspiration à la libération sexuelle. Les réactions de la presse concernant le jeune couple du film, Jan Decleir et Willeke Van Ammelrooy, tous deux dans leur premier grand rôle, étaient enthousiastes. Pour les seconds rôles, les réactions étaient mitigées mais pour Mira, la presse était dithyrambique. Hugues Verhenne dans « Le Soir » associait son apparition avec l’odeur du « pain chaud et de la menthe sauvage », sa présence sur l’écran enivrait le spectateur.

Néanmoins, les priorités pour le régisseur Rademakers et le scénariste Claus ne se situaient pas précisément dans le courant « make love not war » de la jeunesse : ils appartenaient d’ailleurs à la génération d’avant 68. Leur intérêt se portait principalement sur la qualité « terroir » du drame de Streuvels : une histoire sculptée en traits rudes d’une expression primitive, non filtrée par les bonnes manières et les rapports civilisés. Le film néerlandais des débuts de Rademakers DORP AAN DE RIVIER, d’après le roman d’Antoon Coolen, avait été un coup au but en 1958. Avec MIRA, en 1971, il réussit le coup double en Flandre.

En suivant les interviews et des fragments de films et d’archives rarement montrés, LES ARCHIVES MIRA nous présente l’historique d’un film flamand qui, pour la première fois dans l’histoire du cinéma d’après-guerre, a mobilisé un large public. MIRA est la représentation filmée du dernier grand roman de Streuvels. Le scénario de Hugo Claus met en exergue l’impétueuse vie amoureuse du personnage féminin central, mais laisse pour le reste l’intrigue originale intacte. LES ARCHIVES MIRA nous démontrent aussi que le film repose pour une grande part sur des faits réels.

Hedwig Speliers, biographe de Streuvels, nous éclaire sur la préhistoire littéraire du roman de Streuvels. Le régisseur-producteur Fons Rademakers, le scénariste Hugo Claus et le producteur Jan Van Raemdonck reconstituent l’histoire de la création du film et restituent la construction flamande-néerlandaise dans le juste contexte. Jan Decleir et Willeke Van Ammelrooy, les deux personnages principaux qui, après MIRA, sont devenus les symboles du film flamand et du film néerlandais racontent leur expérience.

Avec le distributeur Andre Weis et Bert Podevijn (de l’Administration Flamande du Film) les personnes interviewées dessinent en finesse les contours de la signification de MIRA pour l’industrie du film flamand.

Erik Martens