ZOOLOGIE

De : Divers

Belgique, PAL, LIVRE - DVD - 140 min
toutes zones,
19.00 €


Langues : français, néerlandais
Sous-titres & navigation : français, néerlandais, anglais

Il y a bien longtemps, à l'époque où les hommes portaient encore des hauts-de-forme et où les voitures étaient plutôt rares, à l'époque aussi où le zoo s'appelait encore « Jardin Zoologique d'Anvers », il y avait déjà des animaux exotiques dans cette ville portuaire. Ils habitaient tout près de la Gare Centrale, où ils servaient de décor coloré pour la promenade du dimanche de la haute bourgeoisie. En collaboration avec le zoo d'Anvers, la Cinémathèque Royale a constitué cette anthologie de matériel audiovisuel ancien (1910-1960) rarement montré. Hughes Maréchal composa la musique qui accompagne les films muets.

DANS LE JARDIN ZOOLOGIQUE D'ANVERS [ca. 1910]
Vues de la ville d'Anvers tirées du film SCHILDERACHTIG ANTWERPEN, suivies du film DANS LE JARDIN ZOOLOGIQUE D'ANVERS. Après une vue panoramique depuis la cathédrale sur le port, nous voyons des images de la Pelikaanstraat, du Keyserlei et du Meir, filmées du toit d'un tram en mouvement. DANS LE JARDIN ZOOLOGIQUE D'ANVERS montre la vie dans le zoo, qualifié d' « un des plus remarquables d'Europe », entre 1907 et 1914. Les dernières images sont coloriées à la main. Le film est accompagné au piano par Hughes Maréchal.

LES FOLLES ANNEES VINGT [avant 1930]
Compilation d'images de la fin des années vingt montrant la ville et le zoo. Le zoo est surtout vécu comme un lieu de rencontre. Les images sont accompagnées au piano par Hughes Maréchal.

1943 : LE CENTENAIRE DU ZOO [1943-1944]
Images d'actualités des années de guerre : des soldats allemands et des garçons et filles des Jeunesses hitlériennes marchant dans un défilé organisé par le DeVlag (Deutsch-Vlämische Arbeitsgemeinschaft) à l'occasion de la commémoration de la bataille des Éperons d'or. Le défilé passe par le Suikerrui, la Groenplaats, le Meir, le Keyserlei et l'Astridplein et se termine dans la salle de conférence du zoo. Malgré les difficultés occasionnées par la guerre, le zoo d'Anvers fête son centenaire en 1943.

LIBERATION [1944]
Images tournées par l'armée britannique à la Libération d'Anvers en 1944. Des prisonniers de guerre allemands sont enfermés dans les cages du zoo. Ensuite ils sont évacués par longues rangées vers l'Astridplein pour être transportés vers d'autres destinations.

ACTUALITES DU ZOO [1940 - 1960]
Compilation de reportages, images d'archives et fragments d'actualités de cinéma des années quarante aux années soixante. En 1948 le zoo inaugure le nouveau palais des oiseaux et accueille des nouveaux locataires en provenance du Congo belge, parmi lesquels quelques rares exemplaires d'okapis. Dans les années cinquante, le zoo acquiert sa propre réserve naturelle d'oiseaux, et des animaux en provenance du Soudan sont accueillis à l'aéroport d'Anvers. Dans les années soixante, d'importants travaux d'aménagement sont effectués pour adapter les habitations des animaux aux normes en vigueur.

ETE 1947 [1947]
Un film d'amateur tourné pendant l'été 1947, dans lequel apparaissent surtout les visiteurs du zoo.

UN ZOO A VISAGE HUMAIN [1940-1960]
Choix d'images illustrant le fonctionnement social, culturel et éducatif du zoo : des classes de zoologie pour enfants, des fêtes populaires et des fêtes dansantes, une fête de Pâques pour les plus petits. Le zoo a également participé à des activités se déroulant en dehors de ses murs, comme la Parade de 1948.

COUP D'OEIL EN COULISSES [1949]
Film éducatif de 1949 destiné à l'Enseignement montrant le soin apporté aux animaux dans les coulisses du zoo. Non seulement les animaux malades mais aussi les animaux en parfaite santé demandent beaucoup d'attention.

PENSION DE FAMILLE [1955]
Les nombreux animaux résidant au zoo d'Anvers peuvent compter sur une petite armée de personnel de cuisine qui leur fournit des repas adaptés. Des tests scientifiques sont exécutés pour améliorer les conditions de vie des animaux. Les animaux morts sont autopsiés pour déterminer la cause de leur mort. Tout est soigneusement enregistré sur fiches par le personnel scientifique.

EN ROUTE POUR L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE DE MONACO [1950]
Ce film commissionné par le zoo est le rapport visuel d'un voyage aller-retour vers l'Institut Océanographique de Monaco, où différentes sortes de poissons et de tortues marines seront embarquées pour le zoo d'Anvers. A l'aller, le camion du zoo est accompagné par les frères Vandevelde de Kessel-Lo, qui partent à la chasse annuelle aux reptiles en Algérie. A Monaco, l'équipe de tournage accompagne le bateau de l'Institut qui part tous les jours en Méditerranée à la recherche de poissons exotiques.

GUST [1953]
Film muet sur Gust le gorille - un des animaux les plus connus du zoo - et son gardien Samson. Nous sommes témoins d'une journée dans la vie de Gust, arrivé récemment au zoo. Le gorille joueur est lavé, examiné et soigné. Après la récréation, où il reçoit la compagnie d'un ours en peluche et de deux lionceaux, Gust fait sa promenade dans le zoo parmi les visiteurs curieux. Le film est accompagné au piano par Hughes Maréchal.

UN OKAPI POUR LE ROI BAUDOIN [1955]
Un extrait du célèbre documentaire Bwana Kitoko d'André Cauvin sur le voyage du Roi Baudouin au Congo belge et au Ruanda-Urundi en 1955. Sur l'ordre de l'officier de chasse du Gouvernement Général d'Epulu, une tribu de Pygmées part capturer un okapi dans la forêt vierge. Cet exemplaire vivant est offert au Roi Baudouin en souvenir de son voyage.

LE SINGE ALI [avant 1947]
Film « scientifique » dans lequel un certain professeur Vermeylen explique comment on peut influencer l'instinct naturel des animaux à l'aide de dressage.

MADAME BABYLAS AIME LES ANIMAUX [1911]
Film muet du pionnier français Alfred Machin, qui était également actif en Belgique, où il a entre autres tourné quelques films burlesques. Madame Babylas adore les animaux et ne peut s'empêcher d'acquérir sans cesse de nouveaux exemplaires. Son mari ne peut que subir le fait que leur maison se transforme progressivement en un vrai zoo. Jusqu'au jour où il décide de se venger… Accompagnement au piano par Hughes Maréchal.

Deux images : un éléphant dans le zoo d'Anvers vers 1910, un autre au même endroit, mais aujourd'hui, presque cent ans plus tard. Quelles sont les différences ? En effet, l'éléphant est resté le même. L'histoire n'est pas une affaire d'animaux. Il y a bien entendu la grande histoire de l'évolution, mais laissons-la de côté. L'éléphant n'a pas changé, tout le reste, oui. La terre qu'il foule, la nourriture qu'il mange, l'air qu'il respire, le zoo et la ville qu'il habite et même la forêt dont il est issu. Tous ces changements sont l'œuvre de l'homme.

Si nous devons caractériser le vingtième siècle par un seul mot, ce sera bien celui de changement. Des changements qui s'accélèrent sans arrêt et qui sont liés à l'impact grandissant de la technologie sur notre monde.

Parmi ces technologies qui ont changé le monde, il y a l'invention de l'image animée ou art de la cinématographie, le cinéma. La beauté de cette invention miraculeuse est qu'elle est arrivée juste à temps pour enregistrer ce siècle changeant et pour garder la mémoire de ce processus à l'intention des générations à venir. Pourtant, cent ans n'est pas grand-chose. Avec un peu de chance on pourrait apercevoir par exemple nos propres arrière-grands-parents en train de visiter le zoo d'Anvers. La portée de l'instrument cinématographique comme longue-vue historique est donc assez limitée. Néanmoins ces cent ans semblent incroyablement lointains, même si le monde d'antan présente beaucoup de similitudes avec celui d'aujourd'hui. Il en possède au moins les germes : Anvers faisait déjà partie en 1910 d'un monde qui s'urbanisait. Les rares voitures roulaient à côté des chevaux et des charrettes. L'imposante Gare Centrale, le temple des temps modernes, était le symbole même de l'évolution et du modernisme. La nature vierge y était tout aussi absente qu'aujourd'hui. Raison de plus pour imaginer un jardin zoologique. Le zoo d'Anvers fut fondé en 1843, une bonne cinquantaine d'années avant l'invention du cinéma. C'est le quatrième zoo sur le continent européen, après celui de Vienne (1752), Paris (1792) et Amsterdam (1838).

Sous la pression de la grande accélération touchant la société, nous voyons que les images d'hommes et d'animaux subissent également des changements. Au milieu du siècle précédent, la Belgique possédait encore une colonie, et on parlait d'autres groupes ethniques comme de demi-hommes, avec peu de droits, plus ou moins comme on parlait d'animaux. Bon nombre d'images et d'expressions de jadis nous choquent aujourd'hui, bien que ce n'était pas intentionné à l'époque. Les animaux aussi sont traités de façon plus « humaine » de nos jours. Enfermer des animaux derrière des barreaux, ce qui était admis autrefois, n'est plus accepté maintenant. Un énorme chemin a été fait depuis dans beaucoup de domaines, même si nous savons que les idées et convictions d'aujourd'hui seront considérées comme dépassées dans vingt ans.

Pourquoi regarder aujourd'hui des vieux films qui font revivre le zoo d'hier ? Précisément parce qu'ils font revivre l'histoire. Parce qu'ils sont différents de la vie d'aujourd'hui. Différents et en même temps reconnaissables. Cela nous coûte étonnamment peu d'effort de nous sentir proches des personnages et des animaux de ces films. Même si les images sont en noir et blanc, si elles sont parfois endommagées, et même s'il n'y a pas toujours de son. Elles nous rappellent que nous appartenons à l'histoire, que l'histoire progresse dans notre propre vie.

Voilà pourquoi nous commençons le DVD avec les images les plus anciennes que nous avons pu retrouver du jardin zoologique d'Anvers. Nous aboutissons alors aux années dix et vingt du vingtième siècle. L'origine précise de ces images n'est pas connue. De nombreux enregistrements de ce genre circulaient sous différentes formes. Ces films sont présentés avec un accompagnement au piano composé spécialement pour cette édition par Hughes Maréchal.

En principe nous optons pour des films complets, parce que ce n'est qu'ainsi que l'esprit du temps est entièrement mis en valeur. Dans certains cas c'est impossible ou indésirable, par exemple pour des images d'actualités cinématographiques ou des images qui n'ont jamais été montées. Il nous a semblé important de réunir une diversité de matériel aussi grande que possible pour que le thème soit illustré d'autant de points de vue différents. Le DVD contient donc des reportages, des sujets d'actualités, des courts-métrages, des films éducatifs, de fiction, de promotion, des images d'amateur…

En 1943 le zoo d'Anvers fêtait, en pleine guerre, son centième anniversaire. Nous avons retrouvé un extrait d'une actualité de guerre allemand et, de la même période, nous avons trouvé à l'Imperial War Museum des images de la Libération, filmées par l'armée britannique. Nous y voyons des soldats allemands emprisonnés dans les cages aux fauves.

Après la période de l'occupation et de la Libération vient le temps de la reconstruction. Le zoo et ses visiteurs débordent de vitalité et d'optimisme dans les années quarante, cinquante et soixante. A cette période, le zoo même prenait la caméra en main. Un groupe d'amateurs passionnés, parmi lesquels le pharmacien caméraman Victor Six, produisit une centaine d'heures de matériel, en majorité des courts documentaires ou des exercices d'observation des différents animaux vivant dans le zoo. Nous avons choisi les images dans lesquelles - en dehors de l'animal - ce sont surtout l'homme, son monde et sa culture qui sont représentés. Nous voyons les personnes qui prennent soin des animaux et gèrent le zoo, bref nous voyons le zoo de l'intérieur. Nous le montrons également de l'extérieur, car le zoo avait aussi une fonction de lieu social, de lieu de rencontre. Des individus, des groupes et des organisations ont utilisé ce jardin d'animaux comme un « jardin humain ».

Parmi la grande variété d'espèces, deux sont d'une importance particulière pour le zoo : le gorille Gust et l'okapi.
Gust le gorille, vedette flamande connue loin au-delà de la ville, fut le favori absolu du public. Un portrait intime et émouvant lui est consacré, mis en musique par Hughes Maréchal (les images d'origine n'ont pas de bande sonore).
L'intérêt pour l'okapi est d'un autre ordre. L'animal ne fut « découvert » qu'en 1901 et en 1919 le zoo d'Anvers fut le premier au monde à en présenter un spécimen vivant dans sa collection. D'un point de vue international, l'okapi est resté un des grands atouts du zoo d'Anvers. Depuis lors Anvers tient le livre généalogique des okapis et coordonne le programme international d'élevage.

Nous terminons notre sélection par deux curiosités qui se rapportent joliment à notre thème, bien que, à proprement parler, ils « singent » quelque peu notre approche sérieuse. Le premier film est un documentaire pseudo scientifique des années quarante, montrant un professeur érudit voulant transmettre ses connaissances en matière de dressage d'animaux. Le deuxième bonus est un très vieux film d'un pionnier du cinéma, le français Alfred Machin, qui a aussi beaucoup filmé en Belgique et qui dans MADAMA BABYLAS AIME LES ANIMAUX nous entretient de manière burlesque des conséquences d'un amour excessif pour les animaux. Également mis en musique par Hughes Maréchal.

Pour garder une vue d'ensemble nous avons organisé les films en plusieurs chapitres, et en vue de faciliter leur accessibilité, tous les films sont sous-titrés en français et en anglais.

Cela vaut aussi en partie pour les textes qui suivent dans la partie livre de cette édition. A Harry Schram, directeur de l'EAZA (l'Association européenne des Zoos et Aquariums) nous avons demandé d'écrire un texte pour placer le zoo d'Anvers et cette collection de films dans un contexte zoologique plus large. Une deuxième contribution générale, écrite par le journaliste anversois Frank Heirman, dessine les grandes lignes de l'histoire de la « Société Royale de Zoologie d'Anvers », en bref la Zoologie, le nom sous lequel aujourd'hui encore le zoo est connu parmi le public anversois.

Vous remarquerez que des grands moments historiques du zoo décrits par Frank Heirman, peu se trouvent sur le DVD. Certains datent d'avant l'invention du medium cinématographique. Mais même plus tard, il ne s'agit souvent pas des points culminants de l'histoire même, mais plutôt de leurs échos. Dans ces films vous ne trouverez donc pas la pluie, mais bien les rues mouillées. Cela n'empêche pas que notre ambition reste audacieuse : c'est le temps même que nous voulons saisir.

Erik Martens